Partir de la place centrale, c’est s’offrir une plongée dans le cœur de ce village labellisé « Petite Cité de Caractère ». Avant même de quitter les ruelles, la silhouette massive de l'église fortifiée - dont l'origine remonte au Xe siècle - donne le ton : ici, histoire et nature s’entremêlent à chaque détour.
L’échappée par les prairies : premiers mètres sous le signe du bocage
La première portion mène sur des petits chemins encadrés de haies vives. Ces « bornes vertes » sont un modèle de biodiversité : en lisière, prunelliers et aubépines offrent abri aux passereaux, et, au sol, la violette ou la ficaire ponctuent le printemps d’éclats jaunes ou mauves. Les anciens se souviennent encore qu’ici, l’entretien des haies donnait parfois lieu à des chantiers collectifs, à la main ou à la serpe.
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À observer : le ballet des mésanges et, en matinée, parfois un chevreuil surpris à la lisière (source : Ligue pour la Protection des Oiseaux).
Entre champs et ruisseaux : le murmure de la Dive
La boucle emprunte ensuite un petit sentier qui descend vers le lit de la Dive, une rivière discrète, typique des plateaux calcaires du Poitou. Le bruit de l’eau accompagne le marcheur, tandis que les pierres plates, parfois glissantes, rappellent combien les rivières ont façonné la vie locale : autrefois, le lavoir tout proche était le théâtre de conversations animées, et l’on venait y remplir ses brocs pour la maison.
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Anecdote : Jusqu’aux années 1960, plusieurs « courettes » (petits jardins) étaient irriguées à la main depuis la Dive, au prix d’allers-retours inlassables (source : archives municipales, témoignages de villageois).
Le dolmen des Pierres-Folles : l’appel du temps long
La remontée sur le plateau réserve la rencontre la plus monumentale du circuit : le dolmen des Pierres-Folles. Ce témoin du Néolithique (daté entre 3500 et 2500 av. J.-C.) n’est pas là par hasard : les tombes mégalithiques choisissaient souvent une légère éminence, dominant la vallée. Autour, une clairière se découpe, idéale pour une pause et quelques clichés.
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Petite fenêtre sur le passé : La légende locale raconte que les pierres auraient été posées, une nuit de pleine lune, par des géants ou des fées. Plusieurs récits recueillis dans l’ouvrage « Le Poitou mystérieux » (Ed. Ouest-France) gardent vivaces ces croyances.
Retour vers Château-Larcher : panorama sur les toits, flore et lumière changeante
Après le dolmen, le sentier traverse une alternance de petits bois et de prés ouverts. Selon la saison, ce sont les orchidées sauvages ou les colchiques d’automne qui saluent le promeneur dans les fossés. En prenant un peu de hauteur, surgit une carte postale authentique : les tuiles rousses de Château-Larcher, la silhouette massive de la tour, le ruban de la Dive en contrebas.
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À ne pas manquer : La vue au soleil couchant, lorsque la pierre blonde des maisons s’embrase et que les ombres s’étirent sur le bocage.